« MÉMOIRE ET ESPOIR »

UNE EXPOSITION RÉALISÉE PAR LES ÉLÈVES
DE L’ATHÉNÉE LEONARDO DA VINCI

Ce 11 mai, j’ai assisté au vernissage d’une exposition intitulée « Mémoire et Espoir », réalisée par des élèves de l’Athénée Leonardo Da Vinci. Cette école de Cureghem accueille 72 enfants de 12 à 18 ans dans des classes réservées aux primo-arrivants. De leur propre initiative, ces élèves venus du Brésil, du Portugal, de Guinée, du Soudan, d’Ukraine, de Roumanie, d’Albanie… ont emmené leurs professeurs dans une belle aventure humaine, historique et mémorielle.

L’exposition qui s’est ouverte le 11 mai 2018 est le résultat de leur démarche. Le résultat est impressionnant et très touchant. Chacun d’eux s’est occupé d’un sujet relatif aux persécutions raciales et a réalisé son panneau d’exposition. Le jour du vernissage, chaque élève présentait son thème aux nombreux visiteurs, et ce, en Français. Une prouesse pour ces jeunes dont certains ne sont arrivés en Belgique que depuis quelques mois. J’ai pu constater qu’ils maîtrisaient parfaitement leur sujet et faisaient beaucoup d’efforts pour communiquer ce qu’ils avaient appris dans une langue qui n’est pas leur « Mameloshn », leur langue maternelle.

Sans doute que l’histoire tragique de la population juive pendant l’occupation nazie a trouvé des échos en eux, souvent déjà porteurs d’un passé de guerre ou de misère. Ils savent ce que c’est de fuir, d’être un réfugié ou un étranger, toujours dans l’incertitude quant à leur devenir et à la durée de leur séjour en Belgique.

Tout a débuté par la projection du film « La rafle », un jour de grève. Très intéressés et curieux, ces élèves ont voulu en savoir plus et les événement se sont enchaînés : visite de la Kazerne Dossin, du Fort de Breendonk, l’exposition « State of Deception », rencontres avec des témoins Paul Sobol, Simon Gronowski, Marcel Zalc, Bella Swiatlowski, la découverte de pavés de mémoire dans les environs de leur école, pièce de théâtre « La vague » au Centre communautaire et laïc juif.

Ce qui m’a particulièrement ému ce jour-là, c’était de voir tous ces jeunes, filles et garçons, si différents, travailler ensemble sur un projet. En se penchant sur l’histoire du judéocide, ils se sont découverts, ils ont créé des liens entre eux, de la solidarité, de l’amitié. Ce qui m’a particulièrement ému ce jour-là, c’étaient les textes qu’ils avaient rédigés dans un Français parfois maladroit et pourtant si profond où ils expliquaient tout simplement qu’ils aspiraient tous à une vie meilleure et paisible.

Ce projet nous rassure un peu sur notre futur : de belles personnes faisant fi de leurs différences nationales et religieuses travaillant ensemble pour un monde meilleur. Ils sont devenus à leur tour des « passeurs de mémoire ».

Et bravo aux élèves et à ceux qui les ont soutenus dans ce magnifique projet.

Par Laurence Schram